Welcome in Northern Ireland. Ou plutôt in Great Britain
Ça y est, ce lundi 22, nous terminons notre première partie irlandaise en entrant en Irlande du Nord. Dès la frontière franchie (en fait, il n’y a pas de frontière, juste le passage des panneaux de limitation de vitesse de km/h en miles/h), long arrêt à Derry pour visiter la ville. Manquant de temps, nous prenons la décision d’y revenir en fin de séjour, lors de nos 2 jours « bonus ». Nous quittons donc la ville en début d’après-midi pour arriver assez tôt à Armoy, sur la côte est.
En route, nous constaterons que, dans certains villages, on aime à rappeler son attachement à la Grande-Bretagne par une décoration particulière… Heureusement que les accords de paix ont été signés il y a 15 ans et que la situation est normalisée, sinon qu'est ce que ce serait !!!
Arrivés à Armoy, accueillis par les chevaux de la propriétaire du cottage, nous découvrons notre petit cocon, le Little Pigs House (prière de ne pas traduire, merci :-), un superbe petit cottage créé dans un ancien bâtiment agricole, où l’on se sent tout de suite chez soi.
Affaires sorties de la voiture, direction la grande ville la plus proche. Stock de yaourts, mais impossible de trouver des produits irlandais ou nord-irlandais. Ici, le saumon vient d’Ecosse ou de Norvège, les fraises « d’United Kingdom », les tomates de Hollande, les framboises et myrtilles du Portugal ou de France… Bref, on a l’impression d’avoir déjà repris le ferry et d’être arrivés en Angleterre. Mais la plus grande déception aura lieu le soir même, lorsque nous découvrirons que nos délicieux yaourts Onken sont en fait fabriqués en Allemagne et non pas en Irlande. Snif !
Petit détail, nous sommes donc arrivés le jour où le « royal baby boy » est né. Donc autant dire que le programme des chaines de télévision britanniques était quelque peu répétitif ce soir-là (et les suivants également…). Cela a quand même du bon la République !
Mardi matin, réveil très matinal à cause d’un fort orage. Première fois que l’on voit la pluie depuis notre arrivée. Et quelle pluie ! On retourne terminer notre nuit puis on se met en route direction le nord de la côte d’Antrim : de Ballycastle, nous nous dirigerons vers l’Ouest par la route côtière.
Premier long arrêt à Carrick-a-Rede. Petit îlot relié à la terre ferme par un pont de corde de 20 mètres de long à 30 mètres au dessus de la mer.
Un peu plus d’1 kilomètre pour y accéder depuis le parking. Beaucoup de monde, donc on nous demande de traverser rapidement. Un peu frustrant, nous n’avons guère le temps de prendre de bonnes photos depuis le pont ni de profiter de la sensation de vide. D’autant que le pont étant très stable, il tangue à peine lors du passage. Même pas peur :-) Nous passerons un long moment sur l’île à observer les oiseaux et le très beau panorama sur l’île voisine (Sheep Island) et les falaises environnantes.
Retour par le même chemin, puis direction Giant’s Causeway à une dizaine de kilomètres de là. Site le plus visité d’Irlande du Nord, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, donc beaucoup de visiteurs, même si les 3 gigantesques parkings sont loin d’être pleins. Garés, nous allons payer notre accès au centre des visiteurs. 8,50 £ par personne, cher pour un site naturel mais nous profiterons d’une très belle et didactique exposition sur la formation, l’évolution et la légende de ce site, d’un audio-guide et de plusieurs circuits de randonnée. Donc coût largement justifié.
Nous optons pour la version longue pour rejoindre le site. Ce chemin, passant sur les hauteurs, nous offre une jolie vue surplombant la côte.
Le chemin s’arrêtera assez vite car fermé depuis plusieurs années pour des raisons de sécurité.
On fait demi-tour et descendons au Giant’s Causeway, en passant par l’orgue du géant puis la chaussure du géant !
Contrairement à ce qu’essayent de faire croire les scientifiques (ce serait des colonnes de basalte nées par le refroidissement soudain d’une coulée de lave il y a 60 millions d’années), il s’agit d’une route pavée, construite par le géant Finn McCool, courant jusqu’aux îles Hébrides (en Ecosse) pour affronter le géant local Benandonner.
Paysage impressionnant de ces dalles, octogonales pour la plupart, parfaitement plates et empilées. On les piétine un moment, les observons sous tous les angles puis regagnons le centre des visiteurs.
Nous nous arrêtons quelques dizaines de mètres plus loin pour observer la baie et ses falaises, ce que nous sommes les seuls à faire.
Récompense, un phoque qui viendra plusieurs fois passer sa petite bouille hors de l’eau. Nous l’observons aux jumelles, il joue avec nous. Lorsque l’on se rapproche du bord de l’eau, il disparaît puis réapparaît quelques mètres plus loin après que nous nous soyons reculés.
Après plusieurs minutes d’observation, nous regagnons le centre pour effectuer une partie du chemin de randonnée de l’autre côté de la falaise. Moins de 2 km aller/retour, les nuages s’amoncellent mais cela devrait tenir.
A moins de 500 mètres du centre, une énorme averse d’orage s’abat sur nous. Nous sommes complètement trempés en y arrivant. On profite de l’exposition pour se sécher un peu. Il est 21h, lorsque nous regagnons la voiture.
Petit détour par le château de Dunluce, puis retour à la maison des petits cochons.
Le mercredi, toujours côte d’Antrim, mais direction le sud et les Glens of Antrim. Il s’agit de 9 vallées creusées par les cours d’eau dans une direction Nord-Est depuis la côte. Elles offrent, parait-il, des vues spectaculaires. Notre parcours routier mélange donc ces « scenic loop » avec la route côtière.
Route toujours étroite et au relief très accidenté. Nous passerons une partie de la matinée à jouer avec les nuages pour avoir la meilleure visibilité possible.
Ce sera souvent peine perdue en début de matinée avant que le soleil ne chasse les derniers récalcitrants.
Relativement déçus par les premiers Glens dont les paysages ne sont pas aussi spectaculaires qu’annoncés dans les brochures. Certes c’est plutôt sympathique, tantôt forestier, tantôt plus montagneux.
Glenariff est sans conteste la plus joli, c’est même là que nous avons décidé de faire une petite randonnée dans le Parc Forestier. On en trouve l’entrée, arrivons au parking (payant) et regardons le plan des sentiers balisés. 3 circuits, de 1 à 8km. Celui qui nous intéresse, le plus typique, fait un peu plus de 5km. Parfait… sauf qu’il est fermé à cause des dommages causés par la neige. En prime, des messages d’alerte nous préviennent que les arbres sont touchés par une maladie, nous faisant comprendre que la forêt n’est sans doute pas très belle. On préfère donc repartir.
Retour à la maison en faisant un crochet par une petite route entre Ballymoney et Armoy, connue sous le nom de Dark Hedges. Impressionnant alignement d’arbres, plantés au XVIIIème siècle par la famille Stuart, qui ont grandi en prenant des formes tarabiscotées.
Après le nord-est de l’Irlande du Nord, cap au sud de l’Irlande du Nord. Objectif, petite randonnée dans les Mourne Mountains. On jette notre dévolu sur le Tollymore Forest Park. Au pied des Mourne Mountains, ce parc forestier, le plus ancien du Royaume-Uni, propose plusieurs randonnées. Celle que nous choisissons n’offre pas de points de vue spectaculaires, une fois n’est pas coutume, mais de jolis paysages de forêt et de rivières.
Nous profitons largement de la fraîcheur de la forêt par cette belle journée ensoleillée.
Traversons plusieurs « ponts » faits de marches de pierre.
Nous trouverons un beau lac où nous mangeons nos sandwichs avant de reprendre la voiture, direction Downpatrick.
C’est dans cette ville que se trouve la tombe de Saint-Patrick et la cathédrale qui lui est dédiée. Ayant réalisé l’ascension de Croagh Patrick, et donc une partie de son chemin de pèlerinage, nous ne pouvions manquer Downpatrick !
La cathédrale étant fermée, impossible d’en voir l’intérieur. Dans le cimetière attenant, nous trouvons facilement la tombe du saint.
Nous y resterons un bon quart d’heure. 1 minute pour regarder cette modeste sépulture, et les 14 autres à jouer avec un chat qui a fait son apparition (peut-être la réincarnation de Saint-Patrick…).
Comme souvent, nous rentrons en empruntant les petites routes, jusqu’à ce que nous nous arrêtions dans les environs de Belfast au Belfast Castle. Un écureuil puis un lapin nous divertiront.
Quelques photos depuis ce point de vue et nous rentrons car le lendemain, on se lève tôt !
Réveil à 6h30 un samedi matin, ce n’est pas franchement des vacances ! Pourquoi si tôt ? Car à 9h30, nous prenons le bateau pour nous rendre à Rathlin Island. Petite île d’une centaine d’habitants à une quinzaine de kilomètres de la côte et point le plus septentrional de l’Irlande du Nord. Pourquoi cette île ? Pour y faire une randonnée !
On monte dans le bateau sous le soleil. Peu rapide, mais suffisamment pour que nous ayons froid avec le vent et les nuages qui restent accrochés à l’île et à la mer. Espérons que le temps se lève, pour que la visibilité s’améliore !
Fraîchement débarqués, nous prenons la direction du phare de l’Ouest. 7km de marche pour rejoindre le phare.
Nous avons peut être oublié de mentionner que c’est un point d’observation des oiseaux géré par l’équivalent local de la LPO.
Les rochers sont envahis de mouettes, razorbills, fulmars et de puffins ! Grâce aux jumelles mises à disposition sur place, on peut simultanément s’adonner à l’observation de nos oiseaux préférés.
Quel régal de pouvoir les observer longuement dans leur « vie quotidienne ». Les animateurs nous apprendront que l’on a eu de la chance, les puffins devant regagner l’océan Atlantique dans les jours suivants, leurs petits étant désormais presque assez grands pour effectuer le trajet. Toutefois, beaucoup sont déjà partis, d’où leur assez faible nombre. Plus d’1 heure d’observation avant que l’on ne se décide à repartir.
Un chien nous attend avec sa balle dans la gueule. Manifestement, il a envie de jouer !
On lui envoie, il nous la ramène. Une fois, deux fois, puis on reprend notre marche… avec le chien qui nous suit ! Ce sera comme cela pendant plusieurs kilomètres. Le chien nous suit, nous « demande » de lui envoyer la balle, nous la ramène et cela recommence.
Nous croiserons un cycliste qui nous dira que la dernière fois qu’il est venu, le chien l’a suivi jusqu’au port distant de 7 km ! Nous n’aurons pas cette chance, le chien nous abandonnera avant, se trouvant d’autres touristes (français) à accompagner, en l’occurrence des cyclistes. Ce chien débordant d’énergie devait trouver que nous n’allions pas assez vite !
Revenus à proximité du port, nous atteignons un point de vue (avec table d'orientation)… plutôt dégagé !
Cela illustre bien le temps que nous aurons eu toute la journée. Soleil, puis passages nuageux épais.
Nous profitons du temps qui nous reste avant de reprendre le bateau pour atteindre Mill Bay où des phoques gris viennent se prélasser.
Nous en verrons une bonne quinzaine entre ceux hors de l’eau et les plus craintifs qui ne font que sortir la tête de temps en temps. Conclusion, un phoque est bien plus mignon quand il n’a que la tête hors de l’eau :-).
Le vent se levant, il commence à faire froid et c’est avec soulagement que nous voyons l’heure de prendre le dernier ferry arriver. Et quel ferry ! Sans doute le plus beau bateau que nous n’ayons jamais pris.
Retour à la voiture, heureux de cette journée et prêts à affronter les 3 heures de route jusque Dublin.